Besoin de changements ? Oh que oui.
Ma vie est toujours la même, je me lève à la même heure chaque jour, me couche le soir, toujours dans le même lit, voit toujours le même monde, boit toujours la même chose, prend le même stationnement à l’épicerie, toujours. L’épicerie qui est toujours la même d’ailleurs. Je porte toujours le même linge, achète toujours le même savon et je continue, ou recommence, toujours la même chose.
J’ai décidé de prendre des risques. Saisir les occasions, prendre la main qu’on vous tend,
dire oui même quand on n’a pas compris la question, augmenter les possibilités, multiplier le plaisir. Dire oui à tout. Mais, y’a toujours juste 24 heures dans une journée.
Je commence ma journée, prends un café, ouvre mes courriels. Êtes-vous sur de vouloir quitter cette page sans envoyer le message ? Ah ! Premier oui de la journée ! Facile. Une amie me propose de la rejoindre en après-midi pour une randonnée de raquette à une demi-heure de route d’ici. OUI. Vous avez une demande d’amitié de … hein, c’est qui lui? ….j’m’en tiens à ce que j’ai décidé et je dis OUI. Dire oui à un inconnu, pas facile mais une fois qu’on est lancé, tout roule !
Et ma journée continue. À la pharmacie… « Avez-vous besoin d’aide ? » Au travail… «As-tu deux minutes ? » À l’épicerie « Besoin d’autre chose ?» Au téléphone « Est-ce que je peux parler avec la femme de la maison? » À la pompe de la station-service « Je vérifie l’huile ? » « Me tiendrais-tu ça ? Me passerais-tu 20$ ? Me gratterais-tu le dos ?» WO !
Très vite mon oui emballé et enthousiaste est devenu un ouais blasé qui manque d’assurance. Ma journée s’est remplie et je manquais de temps pour faire ce pourquoi j’ai dit un vrai oui. Je me suis retrouvée avec six rendez-vous à la même heure en sept
lieux différents, une crème de nuit pour les yeux fatigués, un éventail de produits nettoyants à tester, un rendez-vous au garage pour un changement d’huile, une jobine à faire le dimanche après-midi. Ma vie est pleine de rebondissements, mais rien qui ne vaille vraiment.
Pendant que je roulais pour rejoindre l’amie en raquette, je me suis dit oui à moi une première fois dans la journée. Avant de foncer tête première dans cette mer d’opportunités, il faut garder un œil sur l’horizon et savoir ce que l’on veut vraiment. L’idée n’est pas de dire oui à tout, mais bien de savoir quand le dire. J’ai bien vu que je n’arriverais jamais à temps pour la randonnée de raquettes. Au troisième coin de rue, y’avait un petit resto qui m’avait l’air tout à fait sympathique. Je me suis payé un bon café avec moi-même et quand la serveuse m’a dit : « Autre chose avec ça ? » J’ai dit NON, ça m’a fait du bien !
Cliquez sur le lien pour en voir un qui apprend à dire non !
http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid3848-c-bref.html?vid=522166

3 commentaires
Wow Manue. Chapeau bon bobard savoureux.
Un enseignant m’avait dit un jour: lorsqu’on dit »oui » à tout par peur de passer à côté de quelque chose, par fois c’est finalement à côté de soi qu’on fini par passer.
Un bon bobard, Manue!
ahahhah
Dommage pour la raquette, mais au moins, ça t’a fait un bon bobard à raconter ;o)