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À qui sont les quais ?

23 mai 2013, 9:18

Tout autour de la péninsule, portes d’entrées des navigateurs qui transportent à leur bord richesses de la mer, délices d’une assiette de mai ou visiteurs venus pour un temps, les quais jadis accueillants sont aujourd’hui laissés pour compte, abandonnés, oubliés.

Mais à qui sont les quais? À qui sont-ils pour qu’on puisse leur dire de s’en occuper.

D’abord là pour la pêche, les quais sont vite devenus des sites patrimoniaux, lieux de rencontres et d’échanges où l’on raconte histoires de pêche ou voyages en mer.  La route qui mène vers le large se termine toujours par un bout de quai bondé d’errants, qui au soleil couchant plongent les yeux dans l’horizon.

La ligne à l’eau, tentant de taquiner la plie, ma vieille tante de 92 ans raconte pour la énième fois de la journée sa fameuse histoire du bout du quai. Du temps où les morues étaient plus grosses que les bateaux de pêche, du temps où les pêcheurs étaient plus riches que le ministère lui-même.

«Prends-toi une chaise dans la valise de l’auto, qu’elle me dit, et une canne si tu veux pogner de la plie.»

Je m’installe à ses côtés, assez près pour bien l’entendre.

«Ils sont en train de nous monter un bateau, le sais-tu ce qu’ils vont faire?  Ils vont fermer les quais, un à un, sous prétexte que la pêche ne pogne plus en Gaspésie et que les quais n’ont plus leur raison d’être. Ils font mettre des clôtures sur nos droits de passage, sur nos droits de flânage et de papotage, ils vont couler du béton dans une page de notre histoire en disant que le poisson ne mord pas. Ils vont faire de nous des dérivés au large, un peuple en naufrage qui ne peut plus accoster. Et tout ça parce qu’ils ont pêché notre poisson.»

Elle lance sa ligne encore une fois, et la remonte toujours allège. On regarde dans le reflet de la mer les souvenirs de notre passé, temps passé ici, au bout de ce quai.

Dans mes souvenirs, il y a de bons moments passés au quai.  On disait souvent «au quai d’abord» non pas pour abdiquer, mais plutôt pour s’y retrouver.  C’était le point de départ de nos soirées, et ça l’est encore. Chacun dans son auto, les fenêtres baissées pour se parler (dans mon temps on ne pouvait pas se texter), on attendait de voir le soleil disparaître sous l’eau avant de lever l’fly ailleurs.

Et c’est comme ça encore aujourd’hui, qu’on soit à Paspébiac, Carleton, Sainte-Anne-des-Monts ou Gaspé, les quais sont remplis de jeunes gens. C’est pour eux aussi un lieu de rencontre, de flânage et parfois de dérapage.

À qui sont les quais qu’on puisse leur dire de s’en occuper?

On veut remettre aux municipalités la lourde charge d’en prendre soin. Les municipalités vont dire « ok d’abord » à contrecœur, en espérant qu’on leur donne l’argent qui vient avec. Ensuite faudra enrocher, faudra reconstruire, faudra regarder couler le navire…

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Quand j’ai entendu dire que le quai de Percé pouvait fermer, je me suis demandé si Québec pouvait passer l’été sans sa rue St-Jean, si Paris serait aussi charmant sans sa tour Eiffel, qu’est-ce que le Saguenay ferait sans ses bleuets… et c’est là que les barrières ont été enlevées.

Non seulement nous sommes tous embarqués sur le même bateau mais nous avons tous le mal de mer.

de Gilbert Keith Chesterton

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Comme un nez dans la face

26 avril 2013, 10:24

Avril me fait penser aux carrés rouges du printemps passé, symbole d’une mobilisation d’un peuple aux droits bafoués. Cette année, le carré a mis ses coins ronds pour devenir le nez rouge au milieu de la face du monde. Une mobilisation à l’échelle plutôt locale, un mouvement de solidarité important et des plus touchant.  Le nez rouge pour dire que « la magie, c’est d’y croire ».CLOWN01a0

Vous connaissez peut-être l’histoire, peut-être pas. Ce qu’il faut savoir c’est ceci.

Plusieurs photos sur Facebook se sont vu ajouter un nez rouge en soutient à un magicien aux tendances clownesques reparti en guerre contre un deuxième cancer. Messages d’amour et d’encouragements fusent de toutes parts.  Ça lui fait grand bien, c’est certain. Chaque jour, je prends de ses nouvelles. Chaque jour, il nous tient informé de la prochaine étape, du dernier résultat.   Il le fait toujours avec le sourire parce qu’il se nourrit de la douceur des messages qu’il reçoit à la tonne. Je suis touchée, émue et je pense à tous ceux qui n’ont pas cette chance et qui dans l’adversité se retrouvent toujours seuls avec eux-mêmes.

Je pense à cette femme, seule devant le médecin qui lui explique les traitements pour son cancer qu’on vient de découvrir. Je pense à ce jeune assis tout seul au bout du couloir pour ne pas entendre les insultes qu’on lui lance à longueur de journée et si seul qu’il n’entend pas non plus ceux qui le salue. Je pense à ce garçon, caché seul dans le placard, incapable d’en sortir parce que personne ne lui tend une main. Je pense à cette fille qui pleure seule la perte d’un être cher, cherchant partout un mot en guise de réconfort.

L’ami magicien a joué la carte de la transparence, de la franchise, la carte du je-vous-dis-tout-sur-Facebook, advienne que pourra. Facebook le sert bien puisqu’on est des centaines à le supporter.

On m’a dit : Je me suis servi de Facebook une fois et j’en avais vraiment besoin. J’ai écrit sur mon mur que ma fille était malade et des amis de près ou de loin se sont manifestés pour me dire qu’ils pensaient à moi. Du coup, on se sent moins seul, on se sent aimé et les amis qui sont loin, on les sent plus proches.

Ce n’est pas facile pour tout le monde de porter fièrement ses misères aux eus et aux sus de tous. Il n’est pas donné à tout le monde d’admettre qu’on est différent, qu’on est malade, qu’on est gai, qu’on est un peu triste un peu tous les jours, qu’on est fait de même et qu’on n’y arrivera pas tout seul. Pour demander de l’aider ou du soutien, il faut beaucoup d’humilité.

M’est alors venu une idée un peu folle. Je me suis dit : si chacun affichait ses misères de façon aussi évidente qu’un nez rouge au milieu de la face du monde, on verrait sûrement monter une grande vague d’amour et de solidarité. Ne voyez pas ici une invitation à vous plaindre. Se lamenter sur son propre sort ne règle en rien l’histoire du monde. Pleurer sur ses malheurs n’attire pas la compassion. Mais raconter qu’une épreuve nous rend plus fort est un gage d’exemple pour les suivants. Expliquer comment et avec quoi on trouve la force de se relever après avoir fléchi les genoux devant l’adversité encourage les autres à regarder devant.

Pourquoi justement nos faiblesses, notre différence, notre maladie, notre peine ou notre folie, on ne la porte pas comme ce nez rouge au beau milieu du visage, avec humour et humilité, en faisant une grimace à la misère d’en face et celle qu’on traine un peu derrière. Au risque de voir se lever une grande vague de solidarité et d’amour, sortez vos nez de clowns et compter les sourires.

Pour l’ami magicien aux manières un peu clownesque  et sa famille,  il y aura une soirée bénéfice le samedi 4 mai prochain au centre communautaire de Maria.  Prix d’entrée : 10 $ seulement pour voir défiler sur scène d’excellent talents locaux. Bravo! belle initiative!

Humour, Non classé

Je jette ou je garde ?

9 avril 2013, 11:20

Par Manue Babin

Quand vient le printemps, le soleil prend des angles différents et comme il a le sens du timing, on voit ressortir toute la poussière dans la maison  à ce moment. C’est pour cette raison que quelqu’un a inventé le concept « Ménage du printemps ». Quel concept génial! Le beau temps pointe son nez. Alors, on veut le charmer avec une maison qui sent bon. À vos balais, on fait le ménage!

Rien ne sert de déplacer le divan pour passer l’éponge, trop d’effort pour rien.

Avant de secouer la paillasse et de dépoussiérer des recoins que vous n’avez pas vu de l’hiver, assurez-vous de faire le bon ménage! Ce n’est pas en passant le balai sous le divan que vous sentirez soudainement les arômes du lilas et que vous danserez dans la cuisine en chantant Siffler sur la colline de Joe Dassin. Il faut parfois déplacer tous les meubles et se mettre à genou pour frotter afin que le ménage en vaille la peine.  Parfois, il faut même sortir quelques affaires de la maison, les laisser sur le balcon.

C’est là qu’on se demande « je jette ou je garde? »

Ménage peut aussi désigner une famille, un couple.

Parce que les amours passent avec les saisons, parfois le ménage veut aussi dire ça. Heureux sois-tu toi qui jouis d’un amour heureux d’un printemps, mais sache que tout le monde n’a pas ta chance. Y’a des choses qui, même sous le soleil,  la poussière n’arrive même pas à cacher.

Je ne sais pas si c’est aussi à cause de l’angle du soleil, mais je constate tristement que le printemps a son lot de rupture et de séparation. On dit pourtant que le printemps c’est la saison des amours… Mais quand il n’y a plus d’amour que reste-t-il du printemps ?

Suffit de passer l’éponge pour ramasser les pots cassés et les cœurs brisés

Mettre fin à une histoire d’amour n’est pas un geste égoïste : il faut s’oublier un peu pour éviter d’y laisser sa peau. On m’a dit jadis : « Il faut savoir aimer pour accepter de laisser partir l’autre ». Derrière un « je ne t’aime plus » il y a toute une vie qui s’embrouille, des souvenirs en garde partagée, des moments qui perdent soudain leur magie. Roulé en boule sur le divan qui n’a pas bougé au coup de balai attendant que ça passe en mangeant les restes de chocolat de Pâques.  Parce que oui, c’est un fait, le chocolat c’est bon pour ça…

Faire le grand ménage est aussi une bonne façon de s’en sortir. Passer dans les racoins, tasser les meubles pour balayer, laver les fenêtres, secouer la paillasse et pourquoi pas peinturer. Ouvrez grand les fenêtres même si le temps est encore frisquet, ça vous permettra de changer d’air. Et bien sûr, chantez à tue-tête une chanson de Joe Dassin, ça fait tellement printemps.

http://youtu.be/10KKg-e4S0k

 

 

Société

Leçon de vie

4 avril 2013, 10:41

Par Manue Babin

Il est encore tôt et ma journée s’annonce chargée. Pour avoir un peu de temps libre, je me lève en même temps que le soleil. En fait, je devrais dire avant lui parce qu’aujourd’hui il n’y a pas vraiment eu de soleil.
Le vent souffle encore. Je peux siroter mon café jusqu’à ce qu’il soit bien froid.  J’ai le temps de prendre mon temps, et aussi un peu d’avance sur ma liste de choses à faire et ça me fait sourire. Planification de la journée, puis celle de demain et après-demain aussi. Les cases sont remplies.

La journée avance tranquillement et j’arrive toujours à faire ce qu’on attend de moi. À peine midi, un ami me fait une proposition difficile à refuser. Il me propose une pause-café un peu plus tard dans la journée, une jasette pour combler un temps mort, une visite à l’improviste,  un moment bien choisi. Je dis oui, ça tombe bien.

Leçon numéro un : toujours saisir les belles opportunités qui passent, même si ça vous parait un peu fou.

C’était un beau moment ! Merci l’ami.

15 h 00 Je reçois un appel, un rendez-vous du lendemain qui est annulé :  empêchement majeur, conflit d’horaire… On doit remettre les priorités
dans l’ordre, rendez-vous remis au surlendemain.

Je comprends, je note et j’abdique.

15 h 08 Je reçois un courriel qui dit :  « Je ne pourrai être là pour l’activité prévue cette semaine. » Un parmi d’autres semble être retenu ailleurs. L’activité aura lieu malgré cette absence, mais on devra s’ajuster.

15 h 13 Un autre appel, un autre qui annule.

15 h 30 Le téléphone sonne, je n’ose pas répondre. Je dis à voix haute que si quelqu’un d’autre doit annuler qu’il laisse le message sur ma boite vocale.

15 h 32 On m’a laissé un message. Rendez-vous remis. Il n’y a pas de hasard, que des choses qui se répètent.

15 h 45 J’allais fermer mon téléphone mais ça sonne. Je réponds. C’est un ami avec qui j’ai presque signé un contrat. Il ne pourra l’honorer.

Je suis sans mot. Il offrait un atelier pour les jeunes avec qui je travaille. Il devait leur parler de persévérance et de cette passion qu’il porte en lui et qui lui a permis de surmonter ce que la vie a de plus dur à offrir. Mais la vie s’acharne, il doit reprendre le combat qu’il a mené puisque pour une deuxième fois le cancer lui rend visite. Il annule tout ce qu’il peut et ne pensera qu’à lui et à sa famille pour les prochaines semaines.

Leçon numéro deux, ne jamais rien prendre pour acquis. Aie-je vraiment besoin d’en rajouter ?

Dans mon horaire super chargé, y’a un moment que j’attends depuis longtemps. J’ai planifié une rencontre entre un aventurier et plus d’une trentaine de jeunes. Il est là pour raconter son histoire. Une aventure qui lui a demandé de persévérer, de se dépasser,
d’être plus fort que fort et de faire partie d’une équipe.

J’ai écouté très attentivement et j’ai compris qu’on a parfois besoin d’un plus petit que soi. J’ai compris que la vie n’est pas toujours ce qu’on voudrait qu’elle soit mais qu’autour de nous il y a toujours des alliés pour nous permettre de continuer. J’ai compris que près de moi, près de toi aussi, il y a toujours quelqu’un qui nous permet de voir le bon côté des choses.

Dans son récit, l’aventurier parlait d’un certain Jean-Sébastien qui criait «LET’S GO » toujours au bon moment permettant ainsi à toute l’équipe de garder le focus sur le positif. Son histoire est de celles qui se terminent bien avec un objectif surréaliste atteint et une satisfaction plus grande que nature. Il a réussi grâce à une passion qu’il porte en lui. J’en souhaite autant à mon ami qui retrousse ses manches en ce moment, sincèrement.

Leçon numéro trois : ne jamais admettre que vous n’êtes pas capable avant d’avoir vraiment mais alors là, vraiment tout essayé y compris compter sur les autres.

La journée tire à sa fin. Je cherche toujours un sujet pour mon bobard.  Ce matin, je pensais parler de la pluie et du beau temps.

Mais ma journée est loin d’être finie puisque je croise sur ma route ce que j’appelle maintenant un « Jean-Sébastien ». C’est quelqu’un qui a toujours su crier «LET’S GO » au moment où je pensais abandonner. Je sais maintenant qu’il a lui aussi son « Jean-Sébastien » et que  jadis, ça lui a sauvé la vie. A force de se faire crier « LET’S GO », il a découvert ce qui le passionne vraiment et  ce qui lui permet d’être aussi fort que fort, d’avancer la tête haute et d’être fier de lui. Il m’inspire.

J’expire. Je reprends mon souffle. Au même moment, j’apprends qu’un jeune dans mon village s’est littéralement « planté » en voiture un soir d’ivresse, il a fait le fou l’avant-veille, il ne marchera plus. J’ai le souffle coupé. Je me demande s’il a quelque chose à quoi se rattacher ?

Leçon numéro quatre : à vous de la tirer.  

Veuillez quand même noter ceci : « Quand parfois on a l’impression que la pluie et le beau temps est ce qu’il y a de plus important dans nos vies, on devrait pouvoir s’arrêter autour d’un café avec un ami pour se rendre compte que rien n’est acquis et que malgré quelques nuages, quelques bourrasques, suffit d’avoir une passion à laquelle se rattacher pour ne pas voir sa vie sitôt s’envoler. 

Société

Brûlé

20 mars 2013, 15:25

Par Manue Babin,

C’est arrivé dans la classe de 6e, dans le bureau du dentiste ou dans celui du notaire, c’est arrivé dans un petit bureau au fond du couloir,  c’est arrivé au dirigeant d’une grande entreprise et de la petite aussi, c’est arrivé sur le dessus d’une pile de dossiers à terminer pour demain, c’est arrivé aux perfectionnistes, aux gens sensibles qui font preuve d’empathie. C’est arrivé à plusieurs reprises à la même personne.

Ça arrive sans qu’on le voit venir, ça prend toujours trop de temps à partir et on n’est jamais certain que ce soit vraiment parti.  À croire que ça arrive tout le temps et partout, à tout le monde et à personne à la fois parce qu’on n’en parle que très peu. Non ce n’est pas une crise de nerfs, ce n’est pas une rage de dents non plus, c’est tout simplement l’épuisement professionnel.

Information générale, question de savoir de quoi on parle

C’est en 1969 qu’on utilise pour la première fois le terme burnout pour parler d’un
 sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats satisfaisants au travail. À cette époque, le terme était réservé aux gens du domaine de la
 relation d’aide, ceux qui doivent savoir faire preuve d’empathie.

Aujourd’hui, nous savons que le burnout peut toucher tout le monde, même mes amis, peut-être même vous ou le voisin.

C’est le printemps, on croit que la fonte des neiges nous désespère. Le froid qui n’en finit plus nous écœure au plus haut point, parfois même jusqu’à acheter à rabais une place au soleil sans vraiment en avoir les moyens, ni même l’envie.

On s’endort en pleurant, on se lève encore cerné, on mange moins, on boude plus, on est parfois exécrable, mais on trouve toujours une bonne raison pour justifier qu’on l’est. On traîne les pieds, boit du café, on traîne encore les pieds et reboit encore plus de café. On s’imagine que ça va passer quand l’été sera arrivé et, finalement, on se retrouve en arrêt de travail jusqu’à Noël. On se croyait à l’abri, mais maintenant on est plutôt au bout du rouleau à chercher par tous les moyens comment recharger sa pile.

Dans ce monde où tout va si vite, où la pression est grandissante, reste-t-il une place pour l’ordinaire? On dirait que les exigences sont toujours plus élevées, les attentes plus grandes, la compétition plus féroce et l’adversaire plus performant.

J’ai décidé de nager à contre-courant et de lancer un mouvement pour un monde meilleur. Je suis utopique certains diront, mais je me lance parce que je n’ai rien à perdre, peut-être tout à gagner.

J’ai décidé de valoriser le travail qui se fait autour de moi. J’ai décidé de dire beau travail avant de dire bonne fin de journée.

Quand j’endosse mon chèque de paie, je me laisse une petite note pour me féliciter de la belle semaine de travail. J’apporte mon aide à mes collègues et, le plus souvent possible, je leur offre un sourire. J’ai collé au mur une main ouverte qui me permet de m’appuyer dessus tout en me sentant encouragée. Et j’attends quand même que l’été arrive, mais, au moins, il me reste encore du jus pour chialer.