Arsenault déjà en campagne

18 septembre 2013 0 commentaire

Quelques minutes après avoir remporté l’investiture libérale dans Bonaventure le 8 septembre, Damien Arsenault était déjà en campagne électorale. Le prochain pugilat électoral entre lui et le péquiste Sylvain Roy promet.

Les péquistes ont fait « bien des promesses » mais il y a eu « peu de résultats » a lancé Arsenault au sortir de sa victoire sur ses deux rivaux, soit André Poirier et François Whittom. L’ancien député de Bonaventure, qui semble n’avoir toujours pas avalé sa défaite à la dernière élection générale, est visiblement en campagne. La machine rouge est en marche. À suivre.

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Le maire de Gaspé, François Roussy, a annoncé il y a peu qu’il quittait la vie politique à la fin de son mandat. Rien de surprenant pour ceux qui suivent la scène politique de près. Pas question ici de porter aux nues Roussy, ma collègue Marie-Claude Costisella, la grande manitou du Pharillon, s’en est amplement chargée dans sa chronique : une plume influente dans le grand Gaspé (il faut le dire). On retient de son discours de départ, un peu engoncé mais sincère, sa déclaration selon laquelle il dit vouloir quitter « pour peut-être mieux revenir ». Dans le langage usuel, cela se traduit ainsi : « Je reviendrai ». Roussy nous a heureusement épargné les larmes de crocodile et les paroles chagrines auxquelles nous ont habitués trop souvent ceux et celles qui quittent la vie politique. Pensons simplement aux libéraux, qui en ont fait une spécialité : Nathalie Normandeau, Jean Charest ou encore Monique Jérôme-Forget, qui ont quitté la vie publique « pour la vie », « s’occuper de mes petits-enfants » ou « apprendre l’espagnol ». Peu de temps après, ils se retrouvent consultants pour des firmes d’avocats ou de comptables. On est contents pour eux « as they laugh all the way to the bank » comme disent nos amis les Anglais.

En parlant de Mme Normandeau – qui reviendra à la vie politique après avoir promis de ne pas y retourner – elle s’est butée, du temps oùelle était au pouvoir, aux montées de lait et aux bras d’honneur du maire de Gaspé. C’est que ce jeune politicien à la longue expérience en a fait voir de toutes les couleurs aux gouvernements successifs, publiquement et en coulisses, ainsi qu’à Pétrolia. Son côté « je-vous-emmerde-parce-que-j’ai-un-travail-à-faire » en s’adressant aux instances supérieures était unique. Pensons simplement au règlement pour protéger l’eau potable. En résumé, Roussy a été apprécié tout au long de ses années en politique pour ses coups de gueule, ses envolées et sa parole forte et franche : excessive parfois, certes, mais non sans fondement. On s’en ennuiera tout comme lorsque Bertrand Berger, maire d’Escuminac, quittera un jour le cirque politique. Il y a des hommes qui marquent leur temps et Roussy en fait partie.

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C’est passé presque inaperçu. Saviez-vous que le ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences du Canada, ce même ministre qui a réduit comme peau de chagrin le programme d’assurance-emploi, s’appelle désormais Emploi et Développement social? Vous avez bien lu : « développement social ». C’est qu’il faut avoir du culot pour pondre une pareille imposture. On n’est visiblement pas sortis du bois avec les ultra-conservateurs qui sont au pouvoir à Ottawa.

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Restons à la droite de l’échiquier politique. Le Parti conservateur du Québec citait récemment des chiffres produits par leurs amis, soit l’Institut économique de Montréal, pour mieux démontrer que le secteur éolien produit de l’énergie à un coût prohibitif « pour les contribuables québécois ». La réplique la plus sage nous est parvenue du directeur du TechnoCentre éolien, Frédéric Côté, qui a fait savoir que les secteurs de l’aluminium et de l’aéronautique ont profité des largesses de Québec pendant des décennies et que c’est la moindre des choses que l’éolien reçoive un appui de l’État par l’entremise des appels d’offres et de l’achat d’énergie par Hydro-Québec. Bien dit.

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