Cassure chez les libéraux

24 juillet 2013 8 commentaires

Le vernis craque chez les libéraux de la circonscription de Bonaventure, alors qu’émergent désormais des clans au sein de la famille libérale, gracieuseté d’une course à l’investiture sans merci entre André Poirier, Damien Arsenault et François Whittom. Enquête du Libre arbitre.

Plusieurs gens d’affaires influents et élus interviewés par le Libre arbitre ont accepté de passer aux confidences sous le couvert de l’anonymat afin de mettre au jour des pratiques et des attitudes qui semblent en déranger plus d’un. Au premier chef, le fait que Nathalie Normandeau continue de tirer les ficelles de cette course à trois qui laissera assurément des cicatrices au sein d’une famille qui semblait unie il y a encore peu. Plusieurs sources confirment que l’ancienne attachée de presse de Nathalie Normandeau et de l’ex-premier ministre Jean Charest, Annie St-Onge, a finalement décidé de ne pas se lancer dans cette course à la demande de Mme Normandeau qui lui a précisé que ce n’était pas le moment pour elle. Dans les faits, c’était pour laisser toute la place à l’homme d’affaires et philanthrope André Poirier, qui reçoit l’appui, selon plusieurs, de l’ex-ministre. Ce qui n’est pas sans faire grincer des dents le clan Arsenault, on l’aura aussi compris.

Un appui qui ne passe pas comme une lettre à la poste à Chandler où l’étoile de Mme Normandeau ne brille pas autant qu’on pourrait le croire. « Ça pourrait jouer contre M. Poirier », confie une influente de la communauté des affaires à Chandler. D’ailleurs, les gens d’affaires consultés jugent que François Whittom, un physiologue originaire de Chandler, devrait bénéficier de la majorité des appuis libéraux dans sa ville natale. M. Poirier est estimé comme homme d’affaires par de nombreux Chandlerois, mais associé à la Baie-des-Chaleurs et à Normandeau, ce qui est vu comme deux prises contre lui. On rappellera que M. Poirier a bien indiqué lors du lancement de sa campagne qu’il travaillera dans la continuité de Normandeau. La tradition, voire la bienséance politique, veut que l’on mentionne le député précédent, soit Damien Arsenault (député de décembre 2011 à septembre 2012), quand on parle de « continuité ». Cette approche vient de consacrer une cassure chez les libéraux. « Contrairement à ce que laisse entendre M. Poirier, il n’a pas l’appui des maires de la région », confie un élu influent et libéral notoire dans la Baie-des-Chaleurs qui juge que M. Poirier « devrait gagner » en raison de son réseau de contacts dans le monde des affaires de la Baie-des-Chaleurs. Par ailleurs, le côté « fonceur » de M. Poirier, selon l’expression d’une personnalité politique bien en vue de Chandler, en dérange plusieurs, selon les témoignages recueillis. Il ne fait pas de doute que M. Poirier s’est lancé en politique pour gagner : son discours en ce sens est sans équivoque. Une stratégie aux accents de « politique à l’ancienne » qui est toutefois risquée.

Les membres en règle du Parti libéral du Québec de Bonaventure feront leur choix le 8 septembre. Ils seront entre 700 et 1000, selon les pronostics du parti. Le gagnant doit obtenir 50 % des voix plus une. Tout indique pour l’heure que M. Poirier devra impérativement gagner au premier tour parce que les clans de Whittom et d’Arsenault comptent faire une alliance contre M. Poirier au deuxième tour, selon une source bien informée qui a confirmé au Libre arbitre que des discussions en ce sens ont déjà commencé.

Alliance logique du fait que Whittom et Arsenault ont travaillé ensemble sous l’ancien gouvernement de Jean Charest. Whittom était un pilier important en Gaspésie à titre de conseiller spécial pour le ministre Yves Bolduc. André Poirier devra donc exiger de sa garde rapprochée -une équipe appuyée par un vieux routier de la politique, Rémi Bujold (efficace, disons-le)- qu’elle prenne les bouchées doubles cet été (visites terrains, hot-dogs sur le grill et autres événements populaires) afin de s’assurer d’une victoire au premier tour.

Bon été à tous et on se revoit en septembre.

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