Pour en finir avec la Place François-Mitterand

2 mars 2012 12 commentaires

Par Thierry Haroun

Au moment même où on pensait que la controverse autour de la «Place François-Mitterand» au centre-ville de Gaspé s’estompait, voilà que le débat reprend de plus belle. Il faudra bien en finir un jour avec ce débat qui jette une sombre image sur Gaspé.

Mercredi, l’éminent historien et auteur, Mario Mimeault, cosignait une lettre à titre de simple citoyen dans le journal Le Pharillon qui porte le titre suivant : «Le Parc-des-Colonisés», en référence au parc François-Mitterand.

Rappelons que la municipalité avait pris récemment la décision, à la recommandation du fondateur de l’organisme Patrimoine Gaspésie, Jean-Marie Fallu, de baptiser un nouvel espace public «Place François-Mitterand». Et ce, en l’honneur de cet ancien président français qui était de passage à Gaspé il y a 25 ans.

On aura compris qu’avec son texte, M. Mimeault s’inscrit en faux avec l’idée d’honorer quelqu’un qui n’est pas de la région. Sans pour autant proposer un bâtisseur de la région, il soumet toutefois comme dénomination le «Parc-des-Colonisés». «Voilà, ajoute-t-il, qui nous vient bêtement à l’esprit quand nous percevons les relents d’une autre époque dont nous nous croyions émancipés.»

Une approche qui a fait sursauter, Jean-Marie Fallu, historien de renom lui aussi, qui y voit une fermeture d’esprit, confiait-il en entrevue à CHNC. «On n’est pas un village replié sur lui-même qui veut seulement mettre en valeur ses personnages. On le fait déjà et on le fait tout le temps. Mais il faut aussi faire la part des choses et favoriser une équité sur le plan commémoratif. Il faut que la France ait la place que l’Angleterre a eue dans la toponymie de Gaspé.»

Il est vrai comme le souligne M. Fallu que l’idée de se dire «colonisés» du fait qu’on honore un étranger peut laisser croire à une fermeture sur le monde, alors que de souligner l’apport de nos cousins d’outre-Atlantique fait preuve d’ouverture sur le monde. Deux visions se confrontent et la municipalité devra concilier. À ce titre, le blogue du Libre a appris que le parc dont on parle ne portera finalement pas le nom de l’ex-président de la république française, mais qu’un autre endroit lui sera dédié. Le parc portera un autre nom qui fera, semble-t-il, consensus.

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Récemment, le conseiller du district numéro 3 de Port-Daniel-Gascons, Tony Langlois, a fait paraître dans sa page Facebook une lettre par laquelle il dénonçait la décision du maire Maurice Anglehart de hausser rétroactivement à 2001 les salaires des élus. Une décision qui augmenterait le revenu mensuel d’un conseiller de 125 $ et celui du premier magistrat de 375 $. M. Langlois s’y est refusé par souci de transparence, d’éthique et d’intégrité. Cela a provoqué une crise  chez élus qui ont finalement voté contre cette approche du maire lors de la dernière assemblée municipale. De son côté, le maire Anglehart, qui a toujours clamé que tout a été fait selon les règles de l’art, a demandé un avis juridique sur cette question.

Le blogue du Libre s’est justement penché sur la Loi portant sur le traitement des élus municipaux. Et à première vue, on ne voit pas comment le maire aura gain de cause. À propos de la rétroactivité de la hausse des salaires, il est dit dans la loi que «le règlement peut rétroagir au 1er janvier de l’année au cours de laquelle il entre en vigueur.»

Voici trois autres articles de la loi qui peuvent profiter au débat en cours

1- Le règlement peut prévoir que la rémunération sera indexée à la hausse, le cas échéant, pour chaque exercice financier à compter de celui qui commence après son entrée en vigueur.

2- L’adoption du règlement doit être faite au cours d’une séance régulière du conseil et être précédée de la présentation d’un projet de règlement et de la publication d’un avis public conformément aux articles 8 et 9.

3- Le projet de règlement est présenté lors d’une séance du conseil par le membre qui donne l’avis de motion ou, selon le cas, par le comité exécutif.

Un dossier à suivre

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Le blogue du Libre de la semaine dernière portant sur le problème du financement des banques d’aide alimentaire de la région a suscité bien des réactions et de l’indignation. Avec raison. Le blogue du Libre soumet l’idée suivante pour financer la lutte à la pauvreté sur une base permanente. Augmenter d’un cent le litre la taxe sur l’essence dans la région de la Gaspésie-les-Îles, ce qui rapporterait 1,5 million de dollars par année. Si on l’a fait pour le transport collectif, pourquoi pas le faire pour lutter contre la pauvreté?

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