Par Thierry Haroun
Dans la circonscription de Gaspé, la course se dessine alors que dans Bonaventure, on se dit prêt à affronter la musique, du côté de Québec solidaire du moins. Il semblerait aussi que la chicane soit prise chez les libéraux. Mais les élections, c’est pour quand, mai ou septembre? Faites vos jeux.
La journaliste Marie-Claude Costisella nous apprenait cette semaine que Gaétan Lelièvre pense se présenter comme candidat péquiste dans Gaspé. Une nouvelle importante sur l’échiquier politique local. Si d’aventure il acceptait de se lancer dans la course, ce serait une grosse prise pour le PQ.
Cela aurait d’ailleurs de quoi inquiéter l’équipe libérale et son représentant, l’actuel député Georges Mamelonet. Pourquoi? C’est que M. Lelièvre profitera d’un réseau de contacts et d’appui dans plusieurs sphères. Rappelons dans un premier temps qu’il est directeur général de la MRC de la Côte-de-Gaspé. Il est donc au coeur du développement économique du Grand Gaspé et de la MRC. Il fera jouer ses contacts.
Deuxièmement, il a déjà été directeur général de la Ville de Gaspé. Ici aussi il pourra compter sur des appuis de taille, dont celle de l’équipe du maire que l’on sait péquiste.
Troisièmement, il a déjà été directeur général de la MRC du Rocher-Percé. Là aussi il pourra se servir de son réseau de contacts.
Quatrièmement, il pourra compter sur l’appui du milieu syndical, notamment celui du cégep de Gaspé que l’on sait péquiste sans parler de la direction de l’association étudiante du cégep qui est également flanquée à gauche de l’échiquier politique.
Ajoutons à cela l’appui d’une bonne partie des écologistes du Grand Gaspé, du milieu artistique, sinon muséale et vous vous retrouvez avec un candidat que les libéraux devront prendre très au sérieux. D’autant plus que Gaétan Lelièvre n’a pas la langue dans sa poche. En débat, il sera coriace.
Du côté de Bonaventure, GRAFFICI.CA rapportait jeudi que la candidate de Québec solidaire, Patricia Chartier, est prête pour les hostilités. «Mes affiches sont prêtes», a-t-elle déclaré. Voilà une équipe qui a retenu une leçon importante de l’élection partielle dans Bonaventure du 5 décembre.
On se rappellera que l’équipe de bénévoles du libéral et actuel député, Damien Arsenault, avait posé leurs affiches quelques heures avant l’annonce officielle du déclenchement de l’élection, ce qui a soulevé un tollé, mais qui a donné une avance certaine à M. Arsenault sur les autres candidats. D’où l’importance d’avoir des élections à date fixe de sorte que tous les candidats partent sur un pied d’égalité.
Côté potins, le journaliste Denis Lessard signait un texte dans le journal La Presse d’hier dans lequel il laissait entendre que le passage du directeur du Parti libéral du Québec, Karl Blackburn lors de l’élection partielle dans Bonaventure, «a suscité des frictions avec les bénévoles.» Toujours selon ce texte, des élections seraient peu probables avant l’été et qu’elles pourraient plutôt avoir lieu au début de septembre. Remarquez, à l’émission Larocque-Lapierre de dimanche dernier à TVA, Jean Lapierre optait pour le 7 ou le 14 mai prochain. Le blogue du Libre y va pour septembre. Le premier ministre va probablement laisser la poussière tomber durant l’été pour revenir en force à l’automne. Enfin.
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On sait que le comté de Matane disparaîtra et sera écartelé entre Matapédia et Gaspé. Or, la prise de bec à laquelle se sont livrés sur la place publique les péquistes Danielle Doyer (députée de Matapédia) et Pascal Bérubé (député de Matane) à propos du départ ou non de Mme Doyer de la vie politique prend les allures d’une bagarre de chats de ruelle.
Le texte du Soleil du 14 février est assez éloquent à ce titre. On y a apprend que la publication d’une nouvelle par La Presse Canadienne sur l’embauche d’un organisateur péquiste du Bas-Saint-Laurent par M. Bérubé a mis le feu aux poudres. La députée Doyer se serait sentie bousculée. Elle a l’impression de se faire pousser dans le dos par le «jeune cheval fougueux» de la circonscription d’à côté. «Je trouve que ça commence à être déplacé», a déclaré la députée de Matapédia. «Ça me tombe sur les nerfs. J’ai besoin de respect et je n’en retrouve pas, là. Et quand je n’en retrouve pas, ça m’énerve, et quand je suis énervée, je peux prendre des décisions, peut-être, que les gens n’aimeront pas», lit-on.
Est-ce à dire que Mme Doyer, qui a déjà laissé entendre qu’elle pourrait quitter la vie politique à la fin du présent mandat, pourrait se représenter comme candidate juste pour écoeurer Bérubé? Si jamais cela s’avérait, on aura tout vu. À suivre.
4 commentaires
Très bien alors, on suivra de près tout cela en campagne électorale. Bon dimanche.
M. Haroum, c’est toujours un plaisir de participer à votre blogue. Pour répondre à votre question, je crois que la réponse est dans ma première intervention. Jusqu’à quel point c’est important, vous souvenez-vous de la tourné organisée par le maire de Québec avec quelques entrepreneurs dans le Grand Nord? Tous ont été, d’abord surpris, et ensuite, tous ont voulu y aller, pour faire exactement comme lui: permettre des retombées économiques pour leurs localités découlant du Plan nord. C’est évident que le capital financier est l’apanage des urbains et c’est vers eux que se tourne le gouvernement pour investir et réaliser le Plan Nord.
M. Lévesque, je ne sais pas jusqu’à quel point la promotion (jusqu’à plus soif) du Plan Nord par le premier ministre Jean Charest jouera sur l’électorat. Permettez-moi cette question: ce matraquage est-il destiné aux urbains ou aux ruraux? Merci de participer à cette tribune.
Odeur d’élections?
Belle analyse que je tiens toutefois a bonifier et a nationaliser. 2 points d’achoppements m’apparaissent essentiels a souligner afin d’élever la discussion : la refonte de la carte électorale et le plan nord.
Dans un premier temps, il est évident que le PQ sort affaibli de cette révision. Avec la disparition des comtés de Matane et de Kamouraska-Témiscouata, occupés par deux députés péquistes, il n’est pas certain que ces comtés resteront dans le giron souverainiste. Les nouveaux comtés (urbains) seront difficilement prenable pour ce parti, étant davantage acquis aux Libéraux. Il est prévisible que le PLQ fera 3 prises avec ces nouveaux comtés lors des prochaines élections générales si : La CAQ continu sa lente descente dans les sondages au profit des 2 principaux partis et que le PQ demeure en bas du 40% des intentions de vote des francophones, la clé du pouvoir.
Reste une variable, l’enjeu de la prochaine élection : le Plan nord. Qu’importe que l’on soit pour ou contre ce vaste projet de développement socio-économique, la vigueur avec laquelle le PLQ défend et fait la promotion du Plan nord confirme leur intention électoraliste. Le PLQ sait que si la métropole et la vieille capitale achètent le Plan Nord, il se dirigera vers une victoire électorale. L’enjeu est uniquement là. C’est donc une vaste campagne promotionnelle à laquelle nous sommes conviés avant même le déclenchement officiel des élections. Reste à savoir le temps que cette campagne prendra pour atteindre son objectif de vente tout en laissant la CAQ et le PQ s’arracher quelques membres. Donc, pour moi aussi, je ne crois pas que nous aurons des élections ce printemps. Le raisonnement peut se résumer ainsi : le désir du changement à tout pris de l’électorat québécois s’est-il suffisamment estompé pour que le pouvoir attractif de la CAQ s’efface devant les milliards de dollars «estimés» des retombées économiques du Plan Nord? Aussitôt que les firmes de sondage le confirmeront, nous irons en élection. C’est, du moins, mon opinion.