Ça sent les élections, mais …

17 février 2012 10 commentaires

Par Thierry Haroun

Dans la circonscription de Gaspé, la course se dessine alors que dans Bonaventure, on se dit prêt à affronter la musique, du côté de Québec solidaire du moins. Il semblerait aussi que la chicane soit prise chez les libéraux. Mais les élections, c’est pour quand, mai ou septembre? Faites vos jeux.

La journaliste Marie-Claude Costisella nous apprenait cette semaine que Gaétan Lelièvre pense se présenter comme candidat péquiste dans Gaspé. Une nouvelle importante sur l’échiquier politique local. Si d’aventure il acceptait de se lancer dans la course, ce serait une grosse prise pour le PQ.

Cela aurait d’ailleurs de quoi inquiéter l’équipe libérale et son représentant, l’actuel député Georges Mamelonet. Pourquoi? C’est que M. Lelièvre profitera d’un réseau de contacts et d’appui dans plusieurs sphères. Rappelons dans un premier temps qu’il est directeur général de la MRC de la Côte-de-Gaspé. Il est donc au coeur du développement économique du Grand Gaspé et de la MRC. Il fera jouer ses contacts.

Deuxièmement, il a déjà été directeur général de la Ville de Gaspé. Ici aussi il pourra compter sur des appuis de taille, dont celle de l’équipe du maire que l’on sait péquiste.

Troisièmement, il a déjà été directeur général de la MRC du Rocher-Percé. Là aussi il pourra se servir de son réseau de contacts.

Quatrièmement, il pourra compter sur l’appui du milieu syndical, notamment celui du cégep de Gaspé que l’on sait péquiste sans parler de la direction de l’association étudiante du cégep qui est également flanquée à gauche de l’échiquier politique.

Ajoutons à cela l’appui d’une bonne partie des écologistes du Grand Gaspé, du milieu artistique, sinon muséale et vous vous retrouvez avec un candidat que les libéraux devront prendre très au sérieux. D’autant plus que Gaétan Lelièvre n’a pas la langue dans sa poche. En débat, il sera coriace.

Du côté de Bonaventure, GRAFFICI.CA rapportait jeudi que la candidate de Québec solidaire, Patricia Chartier, est prête pour les hostilités. «Mes affiches sont prêtes», a-t-elle déclaré. Voilà une équipe qui a retenu une leçon importante de l’élection partielle dans Bonaventure du 5 décembre.

On se rappellera que l’équipe de bénévoles du libéral et actuel député, Damien Arsenault, avait posé leurs affiches quelques heures avant l’annonce officielle du déclenchement de l’élection, ce qui a soulevé un tollé, mais qui a donné une avance certaine à M. Arsenault sur les autres candidats. D’où l’importance d’avoir des élections à date fixe de sorte que tous les candidats partent sur un pied d’égalité.

Côté potins, le journaliste Denis Lessard signait un texte dans le journal La Presse d’hier dans lequel il laissait entendre que le passage du directeur du Parti libéral du Québec, Karl Blackburn lors de l’élection partielle dans Bonaventure, «a suscité des frictions avec les bénévoles.» Toujours selon ce texte, des élections seraient peu probables avant l’été et qu’elles pourraient plutôt avoir lieu au début de septembre. Remarquez, à l’émission Larocque-Lapierre de dimanche dernier à TVA, Jean Lapierre optait pour le 7 ou le 14 mai prochain. Le blogue du Libre y va pour septembre. Le premier ministre va probablement laisser la poussière tomber durant l’été pour revenir en force à l’automne. Enfin.

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On sait que le comté de Matane disparaîtra et sera écartelé entre Matapédia et Gaspé. Or, la prise de bec à laquelle se sont livrés sur la place publique les péquistes Danielle Doyer (députée de Matapédia) et Pascal Bérubé (député de Matane) à propos du départ ou non de Mme Doyer de la vie politique prend les allures d’une bagarre de chats de ruelle.

Le texte du Soleil du 14 février est assez éloquent à ce titre. On y a apprend que la publication d’une nouvelle par La Presse Canadienne sur l’embauche d’un organisateur péquiste du Bas-Saint-Laurent par M. Bérubé a mis le feu aux poudres. La députée Doyer se serait sentie bousculée.  Elle a l’impression de se faire pousser dans le dos par le «jeune cheval fougueux» de la circonscription d’à côté. «Je trouve que ça commence à être déplacé», a déclaré la députée de Matapédia. «Ça me tombe sur les nerfs. J’ai besoin de respect et je n’en retrouve pas, là. Et quand je n’en retrouve pas, ça m’énerve, et quand je suis énervée, je peux prendre des décisions, peut-être, que les gens n’aimeront pas», lit-on.

Est-ce à dire que Mme Doyer, qui a déjà laissé entendre qu’elle pourrait quitter la vie politique à la fin du présent mandat, pourrait se représenter comme candidate juste pour écoeurer Bérubé? Si jamais cela s’avérait, on aura tout vu. À suivre.

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