Par Thierry Haroun
Les coupures et la restructuration forcée chez Services Canada entraînent de fâcheuses conséquences sur le plan individuel et collectif dans l’ensemble du pays et particulièrement dans une région comme la nôtre. Restons polis et disons simplement que c’est un…scandale!
Heureusement que les syndicats et les groupes communautaires sont là pour nous informer parce que du côté du fédéral il est pour difficile d’obtenir des réponses claires, et ce, dans l’ensemble des ministères (nous y reviendrons un jour). Revenons donc au saccage qui a cours du côté de l’Assurance-Emploi. La Fédération des travailleurs du Québec nous apprenait cette semaine que près de 80 000 dossiers au Québec sont en attente de traitement et dont plus de 20 000 dépassent largement les 28 jours ouvrables prescrits par la législation. Dans de nombreux cas, la demande a été faite en septembre denier et la réponse tarde toujours. On parle ici d’un chèque d’Assurance-emploi, un service minimum sur le plan du filet social. Résultat: dépression, agressivité et problèmes sociaux émergent.
Plus encore, lisez ce qu’affirmait de son côté le coordonnateur du Mouvement action chômage de la Gaspésie, Gaétan Cousineau. «Régulièrement depuis trois ou quatre mois, on reçoit des appels de personnes dont le dossier n’est toujours pas réglé. Et quand ils réussissent à parler à un agent pour connaître l’état de leur demande, ils sont référés à la ligne téléphonique info-chômage. Et même là,il y a un problème parce que, autrefois, on pouvait s’attendre à une réponse dans les 48 heures, alors que maintenant ça peut prendre jusqu’à cinq jours et même au-delà.»
Relisez encore une fois ce dernier paragraphe et si vous concluez que c’est un scandale, vous êtes sur la même longueur d’onde que votre blogueur.
***
La Coalition avenir Québec criait aussi au scandale cette semaine et pour cause. La députée Sylvie Roy a révélé que, contrairement à ce qu’il avait promis, le gouvernement libéral de Jean Charest n’a jusqu’à ce jour strictement rien versé en aide aux victimes de la route et en projets pour améliorer la sécurité routière avec l’argent des amendes perçues par les radars photo depuis leur mise en place en 2009. «Les amendes perçues par les radars photo n’ont servi qu’à financer les radars photo eux-mêmes! Le gouvernement libéral a trompé les Québécois. Il doit expliquer pourquoi, alors que ces appareils ont rapporté plus de 20 millions de $ en amendes, pas un sou n’a été versé pour des projets de sensibilisation et pour les victimes de la route», a conclu Sylvie Roy. Et la Gaspésie là-dedans? Eh bien, ça viendra chez nous un jour ces fameux radars photo, ne vous en faites pas.
***
En parlant des libéraux, le journal Le Soleil, dans son édition d’hier, publiait les «lignes de presse» touchant plusieurs sujets d’actualité et envoyées cette semaine à tous les élus libéraux par le cabinet de la whip en chef du gouvernement de Jean Charest. À titre d’exemple, si un libéral est confronté par un journaliste à la question suivante: Allez-vous vous présenter aux prochaines élections? Il est hautement recommandé de répondre ainsi: «Il est encore tôt pour annoncer ses couleurs! Nous avons un mandat jusqu’en décembre 2013. J’ai encore beaucoup d’énergie pour promouvoir et défendre les intérêts de mes concitoyens et je suis en grande forme.» Qui a parlé de cassette libérale?
***
Bravo aux organisateurs de la journée de la marmotte avec le célébrissime Fred. J’ai vraiment passé un bon moment. Merci et à l’an prochain
1 commentaire
Scandale est effectivement un mot faible pour exprimer toute la « merde » dans laquelle le gouvernement fédéral nous plonge continuellement!
Ce qu’oublie le gouvernement, c’est que des programmes comme l’assurance-emploi sont là pour les gens les moins bien nantis de la société. Le travailleur saisonnier qui gagne 10$ ou 12 $ de l’heure et qui, en plus de se faire « voler » ce qu’on appelle pernicieusement « les 2 semaines d’attente », doit attendre 3 à 4 mois pour avoir son chèque de chômage, en est la victime. Durant ces 3-4 mois-là s’accumulent forcément des retards de paiements, des frais et des intérêts sur les comptes de téléphone ou d’électricité, l’hypothèque ou le loyer, etc… Et ces gens-là, qui n’ont souvent pas ou peu d’économies (plus facile de prendre un REER ou un CELI quand tu gagnes 100 000 $ par an versus quand tu en gagnes 15 000 $, n’est-ce pas?), doivent aussi se nourrir, se déplacer, etc. Bref, ils doivent vivre! Et quand ils ne peuvent vivre avec un minimum de dignité, s’en suivent la dépression, l’alcoolisme, la violence, et tous les problèmes sociaux que cela engendre…
Les bien-pensants assis au cabinet du Premier ministre (on le sait, chez Harper, c’est LUI qui décide de tout et ses ministres, députés, sénateurs doivent lui obéir) ont décidé, du haut de leur grandeur, que ces chômeurs n’étaient pas importants… Peut-être même ont-ils pensé qu’ils étaient des « pas vaillants » qui devraient déménager à Calgary pour se trouver du travail quand leur usine ferme temporairement (travail saisonnier oblige – on ne peut pas pêcher ou bûcher en février, et les touristes sont moins présents l’hiver!)… Ces biens-pensants ne gagnent pas 10$ de l’heure et n’ont pas de retard sur leur compte de téléphone ou sur leur hypothèque, eux. La vraie vie, la réalité : ils ne la comprennent pas!
En bref, ces mesures populistes qui visent un dégraissage de l’appareil étatique peuvent avoir des répercussions majeures sur la population, en particulier sur les moins bien nantis (je ne dis pas là qu’il n’y a pas de places à l’amélioration dans certaines entités administratives, mais mieux vaut viser à la bonne place que de saccager les services à la population, surtout à la population la moins bien nantie, celle qui a besoin de ces services). À cet égard, les mesures des conservateurs fédéraux ressemblent à celles que nous proposent la CAQ. Donc, avant de passer aux urnes lors de la prochaine élection québécoise, pensez-y à deux fois!