La Gaspésie – cet endroit mystérieux

20 janvier 2012 3018 commentaires

Par Thierry Haroun

Cette semaine a été marquée par plusieurs polémiques et autres manifestations. Mais il a aussi été question de poésie romantique à propos de la sauvegarde du train. Vous ne me croyez pas ? Lisez donc ce qui suit.

Le texte du Devoir portant sur la sauvegarde du train en Gaspésie, publié mercredi sous le titre «Une voie ferrée délabrée, menacée de fermeture», a inspiré une lectrice du vénérable journal le commentaire suivant coiffé de deux mots «l’Orient québécois». Voici : «La Gaspésie est notre Orient mystérieux. [Elle] mériterait un train prestigieux, à faire rêver comme le Trans-sibérien, comme l’Orient Express… Nous partirions été comme hiver valise à la main comme au cinéma… C’est un cercle vicieux: le chemin de fer se démantèle faute de clientèle et il y a faute de clientèle parce qu’il se démantèle. Qui donc a peur de voir briller notre Gaspésie mythique?»

N’est-ce pas un commentaire parlant quant à la perception qu’a une citadine sur notre région. C’est flatteur non? Moi, j’aime en tout cas. Peut-être bien que c’est le commentaire du directeur de la MRC de la Côte-de-Gaspé, Gaétan  Lelièvre, qui lui a inspiré cet élan romanesque. M. Lelièvre avait dit ceci: «On est une région éloignée, oui, mais on ne peut pas se permettre d’être une région isolée.» Ça aussi c’est parlant, ça marque les esprits, mais c’est néanmoins juste.

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Le comité citoyen «Ensemble pour l’avenir durable du grand Gaspé» a lancé cette semaine sa pétition en ligne dans le site de l’Assemblée nationale, parrainée par la députée péquiste de Vachon, Martine Ouellet, qui demande à Québec d’édicter un moratoire sur la fracturation hydraulique. Bien. Mais ce qu’on retient ici, c’est le commentaire du député libéral de Gaspé, Georges Mamelonet. Interrogé par GRAFFICI.CA, le député affirme qu’il aurait parrainé la pétition si on le lui avait demandé. «Mon métier, c’est de représenter la population du comté de Gaspé.»

Le fait que le groupe se soit tourné vers une députée péquiste montre que la démarche du groupe «est une démarche politique, avant même d’être une préoccupation citoyenne», a-t-il conclu. Sévère. Vous avez bien lu, il aurait parrainé une telle pétition. C’est retenu pour une prochaine fois. En fait, il a sûrement appris du faux-pas de l’ex-ministre Nathalie Normandeau qui avait refusé de parrainer une pétition demandant un moratoire sur l’exploration et l’exploitation de l’uranium. Un scoop dévoilé par le député péquiste Scott Mackay durant l’élection partielle dans Bonaventure.

M. Mamelonet a aussi secoué le pommier lors du lancement du Centre de formation en maintenance d’éoliennes à Gaspé, qui est sous l’égide du Collège de la Gaspésie-les-Îles. En pleine conférence de presse, il a déploré l’absence de la Commission scolaire des Chics-Chocs. La commission scolaire a confirmé à CHNC avoir été invité au lancement, mais elle a justifié son absence par un agenda qui était déjà bien rempli. La commission scolaire a par la suite ajouté que, de toute manière, elle n’était pas partenaire du Centre. Une controverse qui a jeté un peu d’ombre à l’événement, mais qui a mis en lumière le choc des cultures de gouvernance dans le réseau scolaire. Remarquez, les médias ne s’en sont pas plaint.

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La semaine dernière, je vous parlais de la sortie de Noël-Marie Clavet, l’ex-préfet de la Côte-de-Gaspé,  qui avait publié une lettre d’opinion dans laquelle il saluait la décision du gouvernement Québec de transférer le CAAF de GDS de Grande-Rivière (situé dans la MRC du Rocher-Percé) vers Grande-Vallée (situé dans la Côte-de-Gaspé). Sa sortie avait alors été vertement dénoncée par les élus du Rocher-Percé. Ces derniers n’ont toujours pas avalé la décision de Québec qui a été prise à leur insu le 2 décembre dernier.

Cette semaine, M. Clavet persiste et signe. «Depuis que j’ai écrit ma lettre [publiée dans les journaux de Québecor le 11 janvier dernier], j’ai reçu des téléphones de plusieurs élus municipaux qui m’encourageaient et qui me félicitaient. Ils disent : “qu’il y au moins quelqu’un qui a dit tout fort ce que nous on pense tout bas parce qu’on n’ose pas mener le diable entre les élus municipaux !’’» Qui a dit qu’on s’ennuyait en Gaspésie, cet Orient québécois ?

 

 

 

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