La Gaspésie – cet endroit mystérieux

20 janvier 2012 12 commentaires

Par Thierry Haroun

Cette semaine a été marquée par plusieurs polémiques et autres manifestations. Mais il a aussi été question de poésie romantique à propos de la sauvegarde du train. Vous ne me croyez pas ? Lisez donc ce qui suit.

Le texte du Devoir portant sur la sauvegarde du train en Gaspésie, publié mercredi sous le titre «Une voie ferrée délabrée, menacée de fermeture», a inspiré une lectrice du vénérable journal le commentaire suivant coiffé de deux mots «l’Orient québécois». Voici : «La Gaspésie est notre Orient mystérieux. [Elle] mériterait un train prestigieux, à faire rêver comme le Trans-sibérien, comme l’Orient Express… Nous partirions été comme hiver valise à la main comme au cinéma… C’est un cercle vicieux: le chemin de fer se démantèle faute de clientèle et il y a faute de clientèle parce qu’il se démantèle. Qui donc a peur de voir briller notre Gaspésie mythique?»

N’est-ce pas un commentaire parlant quant à la perception qu’a une citadine sur notre région. C’est flatteur non? Moi, j’aime en tout cas. Peut-être bien que c’est le commentaire du directeur de la MRC de la Côte-de-Gaspé, Gaétan  Lelièvre, qui lui a inspiré cet élan romanesque. M. Lelièvre avait dit ceci: «On est une région éloignée, oui, mais on ne peut pas se permettre d’être une région isolée.» Ça aussi c’est parlant, ça marque les esprits, mais c’est néanmoins juste.

***

Le comité citoyen «Ensemble pour l’avenir durable du grand Gaspé» a lancé cette semaine sa pétition en ligne dans le site de l’Assemblée nationale, parrainée par la députée péquiste de Vachon, Martine Ouellet, qui demande à Québec d’édicter un moratoire sur la fracturation hydraulique. Bien. Mais ce qu’on retient ici, c’est le commentaire du député libéral de Gaspé, Georges Mamelonet. Interrogé par GRAFFICI.CA, le député affirme qu’il aurait parrainé la pétition si on le lui avait demandé. «Mon métier, c’est de représenter la population du comté de Gaspé.»

Le fait que le groupe se soit tourné vers une députée péquiste montre que la démarche du groupe «est une démarche politique, avant même d’être une préoccupation citoyenne», a-t-il conclu. Sévère. Vous avez bien lu, il aurait parrainé une telle pétition. C’est retenu pour une prochaine fois. En fait, il a sûrement appris du faux-pas de l’ex-ministre Nathalie Normandeau qui avait refusé de parrainer une pétition demandant un moratoire sur l’exploration et l’exploitation de l’uranium. Un scoop dévoilé par le député péquiste Scott Mackay durant l’élection partielle dans Bonaventure.

M. Mamelonet a aussi secoué le pommier lors du lancement du Centre de formation en maintenance d’éoliennes à Gaspé, qui est sous l’égide du Collège de la Gaspésie-les-Îles. En pleine conférence de presse, il a déploré l’absence de la Commission scolaire des Chics-Chocs. La commission scolaire a confirmé à CHNC avoir été invité au lancement, mais elle a justifié son absence par un agenda qui était déjà bien rempli. La commission scolaire a par la suite ajouté que, de toute manière, elle n’était pas partenaire du Centre. Une controverse qui a jeté un peu d’ombre à l’événement, mais qui a mis en lumière le choc des cultures de gouvernance dans le réseau scolaire. Remarquez, les médias ne s’en sont pas plaint.

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La semaine dernière, je vous parlais de la sortie de Noël-Marie Clavet, l’ex-préfet de la Côte-de-Gaspé,  qui avait publié une lettre d’opinion dans laquelle il saluait la décision du gouvernement Québec de transférer le CAAF de GDS de Grande-Rivière (situé dans la MRC du Rocher-Percé) vers Grande-Vallée (situé dans la Côte-de-Gaspé). Sa sortie avait alors été vertement dénoncée par les élus du Rocher-Percé. Ces derniers n’ont toujours pas avalé la décision de Québec qui a été prise à leur insu le 2 décembre dernier.

Cette semaine, M. Clavet persiste et signe. «Depuis que j’ai écrit ma lettre [publiée dans les journaux de Québecor le 11 janvier dernier], j’ai reçu des téléphones de plusieurs élus municipaux qui m’encourageaient et qui me félicitaient. Ils disent : “qu’il y au moins quelqu’un qui a dit tout fort ce que nous on pense tout bas parce qu’on n’ose pas mener le diable entre les élus municipaux !’’» Qui a dit qu’on s’ennuyait en Gaspésie, cet Orient québécois ?

 

 

 

12 commentaires
mens ugg sale a écrit le 5 septembre 2013 :

thanks for share!

uggs a écrit le 26 août 2013 :

nice articles

Michael Kors Watches a écrit le 23 mai 2013 :

ths

Raynald Blais a écrit le 22 janvier 2012 :

Ah ! Oui. Bennett avec la Coalition retour à l’expéditeur. Ma mémoire me dit avoir déjà discuté avec toi de mon engagement dans ce dossier, si je ne me trompe pas.
Est-ce bien ça ? Si oui, j’apprécie ta réponse mais j’aimerais savoir où tu demeures. Si je me trompe, aide-moi un peu.
Au plaisir, Bilbo. Continue d’écrire car tu écris bien et tu t’exprimes bien aussi.
A +

Bilbo a écrit le 22 janvier 2012 :

Salut Raynald. Ya pas de pseudonyme la dedans. C’est mon nom et c’est ainsi. T’es pas le premier qui croit pas à ca…La gaspésie est une terre où l’on rencontre des choses inattendues. Elle est aussi une péninsule et on repasse toujours tot ou tard sur nos pas. La population peu nombreuse pour l’étendue du territoire nous rend bien des choses difficiles, voire parfois impossible. Mais elle permet aussi d’étonnantes coincidences.Fouillez votre mémoire, monsieur Blais, car nous avons déjà combattu ensemble, il me semble, un dragon de la bêtise humaine qui fut retourné à l’expéditeur…

Raynald Blais a écrit le 22 janvier 2012 :

Très vrai et percutant, le message de Bilbo. Sauf qu’au lieu de lire un nom d’emprunt ou un pseudonyme, j’aimerais bien savoir à qui je m’adresse. Svp, identifiez-vous ! Votre opinion ou votre commentaire sera ainsi plus apprécié !

Bilbo a écrit le 22 janvier 2012 :

La Gaspésie est une presqu’ile, avec une identité culturelle unique. Vendre la carte postale a des contre-coups évidents, comme on peut le lire plus haut, mais ca a aussi des effets bénéfiques. Ne serait-ce que de conscientiser les gens qui y vivent de l’importance de ce qu’ils ont entre les mains (et sous les pieds). D’un autre côté, si on ne décide pas nous même du type de développement que l’on y souhaite, celui-ci viendra d’ailleurs, comme ca s’est déjà vu, et avec les résultats que l’on connait. L’application d’un même modèle donnera le même résultat,et ce même si on change la couleur de la sauce. Une grosse mamelle à laquelle tout le monde vient têter va toujours finir par se tarir, et laisser tout le monde avec sa soif. Je rêve d’une Gaspésie qui ressemble à ceux qui l’habitent, qui se développe avec cohésion et cohérence, plutot qu’avec collusion et connivence. J’aspire au jour où il sera obscène de parler de region-ressource, et où l’idée d’en faire une réserve, un parc ou une zone franche sera ouvertement décriée comme une hérésie. Je veux pouvoir continuer de boire l’eau des ruisseaux, et que mon enfant goute cette richesse, et soit fier de venir d’ici. Je ne suis pas Gaspésien de souche, car une souche c’est mort. Je suis Gaspésien de racines, et elles sont profondes. Mon pays est unique. Ce n’est pas pour faire cute pour la carte postale que je le dis, mais parce que j’ai choisi d’y vivre en toute connaissance de cause. Le monde a plusieurs « bouts ». Soyons fiers du notre!

Raynald Blais a écrit le 22 janvier 2012 :

Sur la vision idyllique de la Gaspésie, je suis d’accord qu’il ne faut pas tomber dans les clichés. Mais de là, à affirmer que nous sommes une région comme les autres, pas plus belle, pas plus fine, pas plus chaleureuse. Là, je débarque. Je pense sincèrement que notre région est bien plus belle que celles de Laval ou de la Montérégie, ou même de Montréal. Par contre, la beauté apparaît aussi dans les régions des Laurentides, du Nord Québécois, de l’Estrie ou du Saguenay-Lac-Jean. Je considère également qu’il y a dans notre région, comme dans toutes les régions, des gens moins fins et colons, mais de façon générale, les gaspésiens et les gaspésiennes sont bien plus au naturel et beaucoup moins artificiels qu’ailleurs. Les gens de la Gaspésie et des Îles sont bien plus hospitaliers et accueillants. L’exemple le plus frappant est celui d’une personne qui irait de maison en maison en Gaspésie comparé à une personne qui tenterait de faire la même chose dans les quartiers d’Outremont ou de Westmount. L’accueil et l’hospitalité se révéleraient bien plus chez-nous. Oui, c’est vrai, il y a des gens en ville qui sont hospitaliers et chaleureux mais de façon générale, ils sont inquiets et suspicieux du voisin.
Je veux pour ma région oui, des moyens de transport accessibles et abordables. Oui des emplois de qualité et une vie culturelle et sociale riche. Oui, je veux une université (en passant, les deux seules régions au Québec qui n’ont pas d’université,sont la Côte-Nord et la Gaspésie-Îles ) et des lieux de connaissance et d’innovation. Oui, je veux tout cela mais à l’unique condition que le tout soit fait et réalisé selon nos besoins. C’est également vrai que le danger qui nous menace est dans le fait que le parc s’agrandisse. Je crois cependant que les résidants gaspésiens et madelinots ont cette force de caractère et de détermination, que l’on soit de souche ou pas, pour relever ses nombreux défis. Mais sincèrement, je suis d’opinion que notre région et ses habitants détiennent beaucoup les réponses à ses questions et ses défis. Les nouveaux arrivants, jeunes ou moins jeunes, constituent une belle force en devenir. De plus, que l’on soit un peu à l’aise financièrement ou pas du tout, tous ces gens méritent le respect et l’inclusion. Les assistés sociaux, les chômeurs, les travailleurs, les professionnels, les jeunes ou les vieux sont et sont et seront, notre force d’aujourd’hui et de demain. Pour ce qui est de l’image projetée ou ressentie par nous les autres. La seule véritable réponse est dans l’action positive et de renforcement car il y aura toujours des gens et des yeux ou des oreilles pour juger les autres. Je ne me gêne pas pour le faire moi aussi, mais en même temps je n’hésite pas à affirmer avec conviction, que notre reflet nous appartient et se révèle selon ce que l’on veut bien ! Et comme l’écrit si bien Thierry, le débat est ouvert et tant mieux car du choc des idées jaillit la lumière…

Thierry Haroun a écrit le 21 janvier 2012 :

En réponse aux trois commentaires précédents, j’ose les questions suivantes: cette image que nous projetons et dont vous faites mention, n’en sommes-nous pas responsables? Pensons seulement aux campagnes promotionnelles de l’ATR et autres acteurs politiques et économiques dans leurs discours respectifs. Un cas concret à l’échelle culturelle? Le Festival Musique du Bout du Monde de Gaspé. On lit bien «Bout du Monde» ici. Voilà l’image que nous projetons. Faut-il alors s’étonner que l’on pense un peu à l’Orient quand on parle de la Gaspésie dans les grands centres? Merci à vous d’avoir ouvert ce débat que je trouve fort intéressant.

Dany Marquis a écrit le 21 janvier 2012 :

En effet, la carte-postal tape sur les nerfs.
On va finir par créer une grosse réserve et nous traiter comme des êtres à part, vivant dans ce territoire si pittoresque. Des gens si pittoresque, si accueillant, avec un belle accent en plus. Je ne vis pas dans une carte postale, je vis dans un zoo. Mais dans ce cas-ci, c’est moi qui suis dans l’enclos!
Monétairement parlant, c’est impossible d’amortir les opérations du chemin de fer par une poignée d’entreprise qui en arrache, par des citoyens qui refuseraient d’y contribuer et par l’impossibilité des élites politiques locales à gérer leur propre fond. Revient donc à l’état de décider de la vision d’avenir de la Gaspésie. Mais qu’elle est cette vision? Perdu entre des projets d’usine éphèmère, des grosses compagnies qui viennent zyeuter nos ressources naturels, d’un gouvernement qui semble nous oublier, la Gaspésie semble passive, attendant qu’on décide de son sort, qu’on lui fournisse de l’argent et des emplois. Engourdis par le chômage, par la culture du timbre, la majorité attends qu’on organise sa vie, et si on ne l’organise pas, il ira travailler ailleurs (Alberta, plan nord, etc). Paralysé, incapable de bâtir chez-eux. Ils font de l’argent ailleurs et ils reviennent chez-eux. Ils ne font pas d’argent nulle part et ils reviennent quand même.
J’ai marqué au fer rouge certains extraits du livre de Fernad Foisy, Michel Chatrand Les dires d’un homme de parole, au sujet des Gaspésiens. Lorsqu’il parle des « bœufs de la gaspésie » qui débarquaient sur les grands chantiers de construction des années 70. Tu te présentais au contre-maître en disant que t’es gaspésien et il t’engageait sur le champ. Selon eux, les gars de Paspébiac et de Chandler valaient 2 hommes sur un chantier de construction. Ou bien l’histoire du contremaitre de la CIP à Gaspé qui avait tiré son badge dans la foule de chômeur en disant: « Celui qui me le ramènera, je l’engage. » Les gars se battaient, avaient faim. Le plus fort avait la « job ».
Je suis le fils de cette génération de travailleur. On a oublié cette époque, mais reste un vague sentiment.
Il y a un train au zoo de Granby, tu peux le prendre et voir le paysage, les enclos et les animaux qui s’ennuient. Un jour, quelqu’un pourrait tomber du train, et atterrir dans l’enclos des tigres. Bien nourri, dégriffé, castré, édenté, le tigre ne s’en rendra pas compte.
Mais, le train de l’orient Québecois, j’aime bien l’appelation, mais sachez gens de la ville qu’ici, les tigres sont mal nourri, maigre, les dents aiguisés, griffes acérés et ont les couilles grosses comme les pommes de Miguasha.
Bienvenue en Gaspésie!

Jean-François Tapp a écrit le 21 janvier 2012 :

Moi aussi…et ça commence par non seulement arrêter de se faire appeller «région ressource», mais également d’arrêter de se nommer ainsi!

Benoit Trépanier a écrit le 20 janvier 2012 :

Moi, j’en ai marre de cette vision idyllique de la Gaspésie. C’est justement parce que les gens de la ville – et nous aussi quand on dit qu’on aime cette Gaspésie de carte postale – que notre région demeure un espèce d’idéal lointain et mystérieux, qu’on s’enferme dans une vision éthérée de la région. Moi j’exige d’être une région comme les autres. Pas plus belle, pas plus fine, pas plus chaleureuse ou pas plus pure ou verte parce qu’il n’y pas de grosses industries. Je veux une région comme les autres, avec des routes qui nous donnent une accès rapide au continent, du transport aérien abordable, le choix de manger vietnamien ou russe, pourquoi pas une université avec sa vie étudiante, et bien sûr un train quelques coches au-dessus des trains du tier-monde.

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