Dans les coulisses des libéraux

9 décembre 2011 2 commentaires

Par Thierry Haroun

Ce n’est pas tout le monde qui la chance, disons-le ainsi, de passer une soirée électorale avec un parti politique. Le Blogue du Libre était présent à celle des libéraux lundi soir. Bienvenue dans l’euphorie de la victoire.

En journalisme, il y a des moments plus fébriles que d’autres, des moments où l’on se prépare différemment à couvrir un événement. Pour certaines raisons, on se sent plus nerveux.

Une soirée électorale fait justement partie de ces moments d’exception où l’on sait qu’on va vivre un moment qui fera date. À titre d’exemple, notre marge d’erreur est nulle. Il ne faut pas se tromper dans les chiffres, d’autant que, entre la tombée de notre texte et la diffusion des résultats définitifs, il y a très peu de temps, très très peu de temps. On doit ici faire preuve de rapidité. Les réflexes doivent être sans faille, l’esprit doit être vif, la plume alerte et on doit s’assurer d’avoir en main tous les commentaires pour rendre le tout objectif.

Ça, c’est pour le métier. Revenons à la soirée chez les libéraux. Il est 19 h et j’arrive à l’Hôtel Le Francis, un établissement bien tenu. C’est au sous-sol, dans une grande pièce, que les rouges ont invité la famille politique à y passer la soirée.

Dans l’un des coins, la journaliste de renom de Radio-Canada, Josée Thibault, répète quelques phrases pour le Téléjournal du soir. Dans un autre, une équipe de techniciens s’assure que tous les fils sont coordonnés (je ne comprends rien à tout ce filage et à ces boutons pour la caméra. En fait, je suis bien content de travailler pour la presse écrite, c’est plus simple au fond).

Quelques minutes plus tard, des responsables du Parti libéral viennent me voir pour s’assurer que je suis bien installé, s’il me manque quelque chose : le top service, quoi !

Tous les journalistes seront tour à tour traités ainsi. Il y a dans la pièce un écran consacré aux résultats des élections diffusés en direct du site Internet du Directeur général des élections et autre écran géant branché sur RDI. Il est 19h30 et on est cinq personnes dans la pièce. Une pièce dont on sait déjà qu’elle vibrera à l’adrénaline dans moins de deux heures. C’est dans l’air.

Vers 20 h, les premiers militants entrent, les journalistes s’agglutinent autour de ma table, appareils photo dernier cri, ordinateurs et autres fils grugent de plus en plus l’espace qui nous est alloué. La musique entraînante se met à jouer, jumelée au son de la télé, au bar qui reçoit ses premiers clients et aux bruits de foule qui grondent assortie de rires confiants. Des rires confiants parce que les rouges savent qu’ils vont gagner.

Les premiers résultats sortent et les cris de joie rejaillissement comme autant de marche vers la victoire. Et plus les résultats rentrent, plus les accolades se multiplient, les «je-t’avais-dit-qu’on-la-gagnerait» ponctuent les conversations et les sourires s’affichent.

Tout d’un coup, apparaît à notre table la mairesse de New Richmond, Nicole Appleby. «Être libéral, c’est une façon d’être, c’est une famille !». Elle s’est vite aperçue qu’elle s’était trompée de table. Impossible de vendre des cartes du parti de Jean Lesage aux scribouillards…C’est de bonne guerre Mme la mairesse.

À 21h05, RDI annonce que si la tendance se maintient, le prochain député de Bonaventure sera le libéral Damien Arsenault. La dernière fois que j’ai été témoin d’un taux de décibels aussi élevé date de septembre 1993 alors que j’assistais à un match de baseball entre les Expos et les Phillies au stade olympique de Montréal.

À 21h35, le ministre Bolduc, annonce à la centaine de militants : «Je vous présente le député de Bonaventure, Damien Arsenault !» Et rebelote les décibels, la musique entraînante et les applaudissements. Un gentleman ce M. Arsenault, après avoir décliné les remerciements de circonstance, il n’a pas joué d’arrogance libérale comme le veut la tradition en lançant cette phrase digne d’un représentant de l’Assemblée nationale du Québec : «Je serai le député de tous les citoyens». À bon entendeur.

 

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