Atlantic Fiber : qui dit vrai ?

28 octobre 2011 11 commentaires

Par Thierry Haroun

Le projet de complexe de transformation de bois d’Atlantic Fiber Resources a fait l’objet cette semaine d’une guerre de tranchées parfois publique parfois en sourdine entre Chandler et le comté de Bonaventure. Au final, on ne sait plus à quel saint se vouer.

La semaine a commencé sur les chapeaux de roues alors que Radio-Canada  a donné voix à un comité de citoyens qui a déchiré sa chemise sur le sujet. En réaction à la nouvelle selon laquelle le projet d’Atlantic Fiber prendrait le chemin de Saint-Elzéar, plutôt que de prendre place à Chandler tel que promis au départ, un des citoyens affirmait que c’est «vraiment dégueulasse qu’on vienne essayer de nous soutirer un projet sur lequel on a travaillé depuis deux ans. Il semble que la loi du silence prévaut du côté de notre député [libéral Georges Mamelonet]».

De son côté, la mairesse de Chandler, Louisette Langlois, admettait dans ce même reportage que lors d’une rencontre avec des élus de Bonaventure «qu’il y avait des requins» autour de ce dossier en refusant «de croire que les instances politiques qui nous supportent depuis le début me jouent dans le dos.»

Si certains doutaient encore du fondement de ces sorties en règle, notons que Radio-Canada annonçait qu’une rencontre entre les représentants de la coopérative de Saint-Elzéar et la direction d’Atlantic Fiber a eu lieu, il y a deux semaines. Toujours selon ce reportage, le directeur de la coopérative, Sébastien Roy, qui participait à la réunion, laissait entendre qu’il ne croyait pas à la faisabilité du projet d’Atlantic Fiber de construire une nouvelle usine de sciage à Chandler et d’une autre usine de granules de bois. «Tout le monde a de la misère à vivre actuellement, je ne pense pas que c’est viable. Donc, peut-être qu’Atlantic Fiber regarde des plans B.»

Et ceux qui doutent toujours, lisez seulement la déclaration du préfet de Bonaventure, Jean-Guy Poirier, qui laissait entendre que le ministre québécois du Développement économique (MDEIE), Clément Gignac, devrait annoncer sous peu de «bonnes nouvelles» pour la COOP de Saint-Elzéar. «Il y a certaines choses qui vont se passer dans la région Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine qui ne seront pas nécessairement initiées par les gens de la région. À Québec, ils vont poser des gestes qui vont peut-être déplaire probablement à d’autres intervenants dans le milieu forestier de la région.» Cette affirmation ne serait pas étrangère à un courriel envoyé à CHNC hier après-midi par la direction des communications du MDEIE indiquant que «l’objectif du MDEIE est que l’on développe un modèle d’affaires pour assurer à long terme la pérennité des usines de sciages gaspésiennes.»

Pour ajouter au flou artistique, on apprend  aujourd’hui  que Transports Canada reporte à une date indéterminée la réfection du quai de Chandler, ce qui compromettrait grandement l’implantation du projet à Chandler. La mairesse Louisette Langlois demande à Ottawa d’agir rapidement, à défaut de quoi le projet pourrait lui glisser entre les doigts à la faveur de la Baie-des-Chaleurs, a-t-elle admise.

Et voilà que la direction d’Atlantic Fiber a émis un communiqué hier soir en catastrophe pour rappeler à tous les diocésains «que le projet avance tel que prévu et qu’une usine de granule de 200 emplois devrait voir le jour au printemps prochain à Chandler». Est-ce clair ? C’est à se demander qui joue à quoi ? Qui dit vrai? Ah, pour simplifier les choses, rappelons que le maire de Saint-Elzéar, Damien Arsenault, sera candidat libéral dans Bonaventure. Parions qu’Atlantic Fiber sera au cœur de la campagne.

 

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