Des excuses

6 septembre 2011 18 commentaires

La plateforme régionale d’information GRAFFICI.CA est maintenant lancée et le Libre arbitre, chronique politique qui profite d’un lectorat fidèle, publiée dans le mensuel Graffici, y participe via son pendant électronique : le Blogue de Libre (BDL). Ce blogue sera une revue hebdomadaire de l’actualité politique et sociale de la région. Le BDL sera publié tous les vendredis matins. Mais lancement oblige, voici le premier billet.

Une motion d’excuses envers les familles expropriées de Forillon est attendue lors de la nouvelle session parlementaire qui s’ouvrira à Québec sous peu. Cela dit, cet été, Forillon a défrayé la manchette par l’entremise du directeur général de la MRC Côte-de-Gaspé, Gaétan Lelièvre, qui a fait une sortie en règle.

Mécontent de voir ce joyau pratiquement abandonné par Ottawa qui n’a pas, selon lui, rempli ses engagements en matière d’infrastructures, M. Lelièvre a demandé à Parcs Canada d’investir massivement en rappelant faits et chiffres qui laissent bien songeurs. «On connaît l’histoire de Forillon et l’expropriation de 225 familles en 1970 pour en faire un parc. On parlait alors d’un million de visiteurs par an et 1000 emplois. Aujourd’hui, on parle de 130 000 visiteurs et d’une centaine d’emplois. Je pense qu’il faut ramener le débat du Parc Forillon sur la place publique. En plus, les budgets d’opération diminuent ce qui fait qu’il n’y a pas de personnel pour accueillir les croisiéristes, c’est inacceptable!»

En d’autres mots, on a exproprié des familles, brisé des vies et des rêves, brûlé des maisons et des espoirs pour qu’au final Forillon soit abandonné. Êtes-vous du même avis? Cela vous dérange-t-il ou ça vous laisse de glace ? Je me permets ici un parallèle avec l’expropriation des familles entre 1971 et 1974 de l’Île-Bonaventure, peu couverte par les médias, mais tout aussi nauséabonde. Cette expropriation s’est faite au prétexte de sauver la colonie des fous de Bassan, entre autres. Seulement voilà, l’été dernier j’ai été invité avec quelques collègues journalistes à visiter les maisons ancestrales de l’île, en compagnie de la ministre québécoise des Parcs d’alors, Line Beauchamp, et le député de Gaspé, Georges Mamelonet.

Ces maisons abandonnées pendant des décennies par Québec après l’expropriation étaient en train d’être rénovées à grands frais lors de notre visite. Une fois le chantier complété, ces maisons allaient être ouvertes au public avec une interprétation des mœurs d’antan à la clé. Les visites ont débuté  cet été d’ailleurs. On résume la bêtise: on a mis des gens à la porte et 40 ans plus tard on retape leurs maisons dans lesquelles des guides nous raconteront comment ces mêmes gens vivaient…

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