Ce soir, je mange du loup-marin

14 mars 2014 11 commentaires

Les loups-marins, sont devenus de grosses bêtes politisées depuis que Brigitte Bardot a rencontré un blanchon sur la banquise il y a près de 40 ans de ça. Ce qu’il faut savoir c’est que les loups-marins sont tout aussi excellents pour garnir l’assiette que pour soulever la polémique.

Dossier loup-marin, les Madelinots vous le diront, il y a deux principaux problèmes : les riches groupes animalistes mal intentionnés qui désinforment le reste du monde sur comment ça se passe vraiment ici et la difficulté à gérer la ressource. Le premier problème nous affecterait peu si le deuxième était contrôlé. Si les hommes pouvaient chasser aisément et abondamment pendant que la mouvée est proche des îles, les bateaux reviendraient pleins. Si les bateaux revenaient cales combles sans être allés trop loin, sans avoir trop dépensé en fuel, sans avoir eu besoin d’être escortés par un brise-glace, les transformations et les exportations de viandes atteindraient le public qui les attend et les réclame depuis plusieurs années, trop souvent, en vain. Les groupes anti-chasse  perdraient de leur importance et de leur crédibilité, car les amateurs saisiraient eux même le pourquoi d’une telle pratique en touchant directement aux qualités de l’animal : de l’assiette au palais

Les cuistots le savent bien…

Le loup-marin est le roi des viandes protéinées. Sa teneur en fer, en calcium et en magnésium fait rougir de jalousie le rayon des viandes au grand complet : poulet, porc, bœuf et poissons de toutes sortes confondues. Mi-viande, mi-poisson il est filamenteux et foncé. Comparable à la viande d’orignal par sa saveur prononcée et sa couleur, il est aussi assez salé. À ceux qui n’ont jamais tenté l’expérience, il faut donc vous imaginer un steak d’orignal… marin et vous y serez presque.

J’en mange depuis que j’habite aux îles. J’ai été initiée de façon traditionnelle. En cocotte au four avec zeste d’orange et lardons. J’en ai ensuite mangé en saucisses, en saucissons, en terrines, en rillettes… Chaque fois que j’exprime à quelqu’un ma façon préférée de le déguster ou de l’apprêter, je me sens un peu viking. Ce soir c’est le summum, un souper cinq services où chaque plat rend hommage à l’amateur et à l’animal : la soirée du loup-marinier. Ce soir, c’est la grande fête où tous seront un peu gastronomes et beaucoup Vikings. Tous ce sont réunis pour « carnivoriser » galamment les terrines, les consommés, les méniches laquées au miel et les croxignoles. Pour l’occasion, des Terre-Neuviens, des Français, des politiciens en campagne, des chasseurs, des jeunes en voyages échangent et des Madelinots sont réunis… il ne manque que Brigitte Bardot.

crédit photo: Raoul Jomphe

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