Tous les soirs quand le bateau revient, des voitures se stationnent aux abords du port de Cap-aux-Meules. Nombreux sont ceux qui l’ont fait une fois ou deux et certains le font instinctivement. Chacun se choisit un endroit stratégique pour ne rien manquer du spectacle. Aux Îles, on regarde arriver le bateau !
Passer dans le Cap-aux-Meules en ce moment c’est l’illusion de plonger en ville. Le temps de la traversée varie selon ce qu’on a à y faire, selon les raccourcis qu’on prend (si on fait partie du «local club» qui connaît les secrets des p’tites rues, c’est un must !) et selon l’heure du jour.
Mais à 19h ce sont ni les heures de pointe, ni les chantiers routiers qui crée le débit de voitures à la minute dans le centre névralgique des Îles-de-la-Madeleine :19h, Cap-aux-Meules, PQ… C’est l’heure du bateau !
Ce qu’on appelle ici le trafic du bateau est constitué, bien évidemment, des dizaines de voitures qui sortent les une après les autres du traversier, mais aussi des véhicules et de leurs occupants qui viennent «watcher» ceux qui débarquent.
Ceux qui pratiquent ce hobby, siège conducteur ou passager, veulent tout savoir : combien de touristes ce soir-là débarquent de la gueule du bateau, qui sont les Madelinots de retour, ce qu’ils portent, ce qu’ils rapportent… Les Madelinots sont de fins observateurs.
Celui-là à Rosella
Ma voisine historienne me le confirme : c’est une vieille tradition. «Depuis que le service de traverse existe (instauré dans les années 70) les gens vont voir ce qui rentre. Il paraît que c’est courant dans les petites îles … Celui à Rosella, il y va tout les soirs après le souper», me dit-elle.
Mon conjoint pousse la réflexion plus loin dans l’histoire en me faisant remarquer que c’est un comportement insulaire. Les gens ne vont pas tous au port de cette façon dans des villes et des villages du continent. «Ici, on attend et on dépend des arrivages. Du temps des Goélettes, nos grands-pères allaient accueillir les cargaisons et les équipages, ça ne date pas d’hier cette coutume-là.»
Hier soir, je suis passée dans le coin et j’ai pris quelques photos pour vous. À voir les brigadiers et les stationnements bondés, j’ai constaté que la coutume n’est pas prête de s’épuiser.

