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Le PQ et le français

3 juillet 2014, 11:52

Par Éric Boucher

Est-ce que le communiqué qui suit a été rédigé par un enfant du primaire dans le cadre d’une mise en situation d’un projet en communications?

Non… il provient plutôt du bureau du député Gaétan Lelièvre, notre ancien Ministre délégué aux Régions et ancien Ministre responsable de la région de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. Qui est tenu (imputabilité…) d’endosser le travail de son équipe. Il a été rédigé par François Roussy, son attaché politique, ancien maire de Gaspé, préfet de la MRC de Gaspé et président de la Société du chemin de fer de la Gaspésie.
Du moins, il l’endosse lui aussi…son nom étant apposé au bas du texte.

Une honte, je vous dis ce communiqué. J’ai compté au moins une vingtaine de fautes. GRAVES. De niveau primaire. Quand je vois des fautes aussi graves dans un texte, je me dis: cette personne ne lit pas beaucoup. De la part de politiciens; ce n’est pas rassurant.

C’est comme ça qu’on traite le français au PQ?

Voici la transcription exacte du communiqué tel que reçu par l’ensemble des médias gaspésiens ce matin du 3 juillet:

Communiqué de presse du Député de Gaspé

Object : Reconnaissance du Député de Gaspé envers M. Jean Garon pour sa contribution au développement de la Gaspésie

M. Gaetan Lelievre, député de Gaspé tiens à souligner l’importante contribution de M. Jean Garon au développement de la Gaspésie comme Ministre responsable des pêches sous le gouvernement péquiste de 1976 à 1985.
Par ces décisions et ces positions à l’égard de l’industrie des pêches, M. Jean Garon aura marqué le développement de notre région et contribuer d`une façon importante à l’essor économique de la Gaspésie.
« Il n’a jamais eu peur de se mouiller pour le développement des pêches en Gaspésie et il avait bien compris que l’industrie des pêches était capital pour l’économie de notre région » à souligner M. Lelièvre
En effet, Monsieur Garon aura été responsable du soutien aux pêcheurs Gaspésiens pour le renouvellement de leur flottille durant son mandat comme Ministre. De plus, on lui doit le courage d’avoir voulu doter la Gaspésie de l’usine la plus moderne de l’époque, construite à Newport.
«Pour l`énorme contribution au développement des pêche de notre région et son apport au développement de l’agriculture au Québec, je tenais absolument a souligné le travail M. Jean Garon et à le remercier publiquement au nom des Gaspésiens et Gaspésienne» A conclu M. Lelièvre.
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Source : François Roussy

Environnement

Hydrocarbures : trop de zones grises pour éviter un BAPE

17 avril 2013, 15:14

L’intensification de l’exploration pétrolière depuis 2005 en Gaspésie doit inciter les décideurs régionaux et québécois à faire examiner l’impact que cette activité pourrait avoir, sur les humains et sur l’intégrité du territoire, par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

Le nombre de questions sans réponse justifie ce recours à l’organisme le plus susceptible d’étudier l’impact de l’exploration et de l’exploitation d’hydrocarbures sous toutes ses coutures.

Le BAPE est perfectible. Les écologistes et nombre d’autres citoyens lui ont reproché sa mollesse, notamment dans l’évaluation de projets de parcs éoliens. C’est sans compter la faiblesse de la surveillance du ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs vis-à-vis cette filière.

Le BAPE reste néanmoins le seul organisme susceptible d’étudier un dossier comme celui des hydrocarbures et d’émettre des opinions indépendantes.

Les défenseurs de l’industrie remarqueront que d’autres territoires ont embarqué d’emblée dans des forages intensifs. La Pennsylvanie vit un boum lié au forage de puits de gaz de schiste créant quelques centaines ou quelques milliers d’emplois.

Soit, mais ce Klondike durera combien de temps? Il laissera ces régions dans quel état? Combien faudra-t-il de temps pour réparer les dégâts?

Il est déjà certain que la Pennsylvanie éprouve de sérieux problèmes de traitement des liquides de forage. De nombreux citoyens y ont perdu leur eau potable. Ces ennuis iront croissant.

Voulons-nous ce modèle? Lors des Forums sur les hydrocarbures, en mars à Bonaventure, Gaspé et Cap-aux-Meules, la plupart des 200 citoyens y ayant pris part ont posé des questions qui demeurent sans réponse. Ces questions sont posées à l’industrie depuis longtemps et elle donne parfois des embryons de réponses, parfois pas de réponse du tout.

L’industrie fournit volontairement des chiffres de retombées économiques, qui restent à vérifier, étant donné l’intérêt des firmes à les gonfler.

N’est-il pas normal que les citoyens sachent quelles substances sont introduites dans le sol lors des forages exploratoires? La concentration de ces substances dans le mélange est aussi pertinente. Bien que la loi sur les mines et la réglementation touchant l’exploration pétrolière et gazière soient d’une époque révolue depuis longtemps, l’État doit maintenant exiger de connaître ce qui entre dans le sol, puisque ce sous-sol est du ressort public.

En mer, trois ans après le désastre de la plate-forme Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique, il serait normal que la population d’ici soit informée de tout ce qu’impliquent un forage exploratoire et une exploitation éventuelle de pétrole et de gaz. Qui sait ce que les compagnies font de la matière remontée du sous-sol marin, et ce dont elles se servent pour forer?

Les questions d’indemnisations en cas de déversement sont largement tributaires du gouvernement fédéral, désespérant à voir évoluer sur le plan environnemental depuis l’arrivée de Stephen Harper. Doit-on pour autant accepter que le secteur privé ne soit responsable que de 30 millions de dollars en dommages s’il y a écoulement de pétrole, alors que l’explosion du Deepwater Horizon a provoqué des dégâts 1000 fois plus importants, et que le compteur n’a pas fini de tourner?

Les Forums sur les hydrocarbures offrent un début de tribune mais ils n’ont aucun pouvoir réel, si ce n’est qu’ils pourront exprimer, à la fin de l’exercice, un ensemble de questions en suspens. Le public gaspésien ne mérite-t-il pas une tribune où il pourra obtenir des réponses alignées sur les meilleures connaissances disponibles?

Oui. L’île d’Anticosti et les Îles-de-la-Madeleine auront « LEUR BAPE» sur le pétrole et le gaz. Pourquoi la Gaspésie, bordée par la mer et couturée de dizaines de rivières limpides ne serait-elle pas soumise à un examen semblable? Rien ne justifie qu’elle soit exclue.

Quand le BAPE aura évalué la situation en Gaspésie, il faudra que les autorités municipales, provinciales et fédérales agissent selon ce que l’étude révélera et ce que le public aura exprimé.

Le pétrole est dans le sol depuis des millions d’années. Il y sera encore dans deux, 10 ou 15 ans. La région a besoin d’emplois bien rémunérés mais rien n’assure pour le moment qu’elle bénéficie massivement d’éventuelles retombées liées à des gisements qui restent en grande partie hypothétiques actuellement. Pousser l’examen de l’exploration et de l’exploitation d’hydrocarbures en Gaspésie est donc essentiel.

 

Politique

Arsenault peut reprendre Bonaventure

17 avril 2013, 14:36

Au rythme où vont les choses au plan politique dans la région, l’ancien député libéral de Bonaventure, Damien Arsenault, pourrait très bien reprendre la circonscription lors des prochaines élections provinciales.

Arsenault revient tranquillement sur la place publique avec des déclarations ici et là après avoir subi une dégelée aux dernières élections tenues en septembre 2012 lors desquelles il a perdu Bonaventure aux mains du péquiste Sylvain Roy, qui a remporté le scrutin par une majorité de plus de 3000 voix. On sait que Chandler, désormais dans Bonaventure, n’est pas étrangère à cette victoire qui a donné quelque 2000 voix de majorité à Roy. Il n’empêche, il s’agit que la Baie-des-Chaleurs reprenne ses bonnes vieilles habitudes en votant en bloc pour le Parti libéral pour offrir cette circonscription sur un plateau d’argent à Arsenault. D’ailleurs, les citoyens de la «baie» auront toutes les raisons de voter pour les rouges à la lumière des décisions prises par les péquistes ces derniers temps. Des décisions aussi surprenantes que nuisibles pour la région. Avant de poursuivre, réglons une chose tout de suite, les libéraux n’ont pratiquement aucune chance de reprendre Gaspé si l’actuel député péquiste Gaétan Lelièvre compte se représenter. La nouvelle mouture de la circonscription favorise démesurément le vote péquiste avec l’intégration de la Haute-Gaspésie.

Nous disions donc que le gouvernement péquiste de Pauline Marois passe son temps à faire des gaffes et à se mettre le pied dans la bouche jusqu’au ligament croisé antérieur toutes les fois qu’une annonce ou une déclaration est faite par tel ou tel ministre par les temps qui courent. C’est à se demander si ce gouvernement n’en a pas fait un créneau d’excellence.

Après les hauts cris poussés sur la place publique par le milieu du cinéma gaspésien, Québec fait volte-face et décide finalement de reconduire le programme d’aide aux projets en diffusion du cinéma d’auteur. Québec avait tenté ici de sauver la valeur de trois sacs de popcorn au beurre. Québec décide de couper plus de 56 millions de dollars dans le réseau des garderies, mis sur pied à l’époque par Pauline Marois. Québec décide d’indexer le financement des groupes communautaires à hauteur de 1,6 % plutôt que sur la base de l’indice des prix à la consommation qui s’établit 2,1 %, ce qui a «pour effet de nous appauvrir encore», déclarait avec justesse la représentante des groupes, Geneviève Giguère. Québec décide de couper dans les mesures d’aide sociale en revoyant les règles d’admissibilité à l’allocation supplémentaire de 129 $. En réponse, Sylvain Roy a admis au Soleil n’en être «pas fier». Comme ligne de défense, on repassera. Il a demandé au Collectif Aliment-terre de faire preuve de patience. Aux dernières nouvelles, la pauvreté n’attend pas, elle sévit. Par ailleurs, l’enveloppe régionale pour le secteur sylvicole est réduite de 3 millions de dollars. Enfin, le regroupement Les Événements gaspésiens dénonçait la non-reconduction d’un fonds particulier de 30 000 $ pour financer la culture régionale. On résume : le parti politique dit « de gauche » tente de balancer les colonnes comptables du budget provincial sur le dos des prestataires de l’aide sociale, de l’enfance, de la culture, des travailleurs forestiers et des groupes communautaires.

C’est un peu démagogique comme analyse, mais quand on regarde froidement les choses, c’est ce qui vient à l’esprit, à moins que la députation péquiste de la région nous fasse la preuve du contraire. Dans une lettre adressée aux médias, Damien Arsenault avait bien raison de rappeler, en s’attaquant directement à Sylvain Roy, que le « Parti québécois a rompu avec la continuité en s’attaquant aux plus démunis ». M. Roy doit réaliser qu’Arsenault est déjà en campagne électorale et que son nouveau chef, Philippe Couillard a le vent en poupe. Le dernier coup de sonde lui accorde un gouvernement minoritaire. Et ce dernier compte bien reprendre Bonaventure tel qu’annoncé dans une entrevue accordée à CHNC. Les péquistes n’ont qu’à bien se tenir…